Eugène Cicéri. Vue du château des Ravalet à Tourlaville (Cherbourg, Manche). 1852.

800,00 €

Dessin original. Aquarelle et pastels. 25 x 30,5 cm à vue, dans un cadre de 40,2 x 45,7 cm. Papier bruni.

Signature en bas à gauche : « Eug Cicery » ; date et titre en bas à droite : « 1852. Château des Ravanl [sic] ».

Le château de Tourlaville a été construit en 1562 par la famille Ravalet, dans le style de la Renaissance cotentinaise. Il a été modifié, ainsi que son parc, dans la seconde moitié du XIXe siècle, à partir de 1859, par la famille de Tocqueville. Ce dessin, daté de 1852, nous montre son état avant les travaux. Aujourd’hui propriété de la ville de Cherbourg, il a été classé au titre des Monuments historiques en 1996.

Cette vue a été reproduite dans l’ouvrage La Normandie illustrée de Félix Benoist et Hippolyte Lalaisse (Nantes, Charpentier, 1852-1854), dans lequel il est attribué à Félix Benoist et non à Cicéri, sous le titre « Château de Tourlaville, près de Cherbourg (Manche) » avec les mentions « Lith. Charpentier Edit. Nantes / Fx Benoist del. / Eug. Ciceri & Ph. Benoist lith. fig. par Bayot ».

« Les souvenirs qui se rattachent au château de Tourlaville sont moins glorieux ; son nom rappelle, au contraire, des crimes épouvantables, tels qu’il ne s’en présente que rarement d’analogues dans les fastes de l’histoire de l’humanité.
Julien Ravallet de Tourlaville, après avoir longtemps et honorablement porté les armes pour la défense de Henri IV, s’était marié et avait eu deux enfants, un fils et une fille, doués l’un et l’autre d’une beauté si ravissante, qu’on les avait surnommés dans le pays le beau garçon, la belle demoiselle. Avec l’âge, l’amitié mutuelle qu’ils se portaient, ayant dégénéré en passion criminelle, le jeune Ravallet enleva sa sœur, récemment mariée à un vieux gentilhomme, et disparut avec elle, sans que les gens envoyés à leur poursuite pussent découvrir la route qu’ils avaient prise. Les deux coupables, cachés sous de faux noms, errèrent pendant plus d’une année dans diverses villes, et vinrent enfin se faire arrêter à Paris, où le parlement les condamna à mort. Aucunes supplications, même celles d’un père au désespoir, ne purent leur faire obtenir grâce auprès du roi. Le jugement fut exécuté, au grand attendrissement des spectateurs, émus à la vue de tant de jeunesse, de noblesse et de beauté. Les deux cadavres furent inhumés dans un des couvents de Paris, et l’on grava cette épitaphe sur leur tombe : “Cy gisent le frère et la sœur. Passant, ne t’informe point de la cause de leur mort : passe, et prie Dieu pour leurs âmes.” Cette triste aventure, qu’on prendrait pour un roman, arriva en 1603. L’histoire et les autres chroniqueurs en font foi.
» (Extrait du chapitre sur Cherbourg de La Normandie illustrée).

Réf. 1975 – Cat. 14-63

Dessin original. Aquarelle et pastels. 25 x 30,5 cm à vue, dans un cadre de 40,2 x 45,7 cm. Papier bruni.

Signature en bas à gauche : « Eug Cicery » ; date et titre en bas à droite : « 1852. Château des Ravanl [sic] ».

Le château de Tourlaville a été construit en 1562 par la famille Ravalet, dans le style de la Renaissance cotentinaise. Il a été modifié, ainsi que son parc, dans la seconde moitié du XIXe siècle, à partir de 1859, par la famille de Tocqueville. Ce dessin, daté de 1852, nous montre son état avant les travaux. Aujourd’hui propriété de la ville de Cherbourg, il a été classé au titre des Monuments historiques en 1996.

Cette vue a été reproduite dans l’ouvrage La Normandie illustrée de Félix Benoist et Hippolyte Lalaisse (Nantes, Charpentier, 1852-1854), dans lequel il est attribué à Félix Benoist et non à Cicéri, sous le titre « Château de Tourlaville, près de Cherbourg (Manche) » avec les mentions « Lith. Charpentier Edit. Nantes / Fx Benoist del. / Eug. Ciceri & Ph. Benoist lith. fig. par Bayot ».

« Les souvenirs qui se rattachent au château de Tourlaville sont moins glorieux ; son nom rappelle, au contraire, des crimes épouvantables, tels qu’il ne s’en présente que rarement d’analogues dans les fastes de l’histoire de l’humanité.
Julien Ravallet de Tourlaville, après avoir longtemps et honorablement porté les armes pour la défense de Henri IV, s’était marié et avait eu deux enfants, un fils et une fille, doués l’un et l’autre d’une beauté si ravissante, qu’on les avait surnommés dans le pays le beau garçon, la belle demoiselle. Avec l’âge, l’amitié mutuelle qu’ils se portaient, ayant dégénéré en passion criminelle, le jeune Ravallet enleva sa sœur, récemment mariée à un vieux gentilhomme, et disparut avec elle, sans que les gens envoyés à leur poursuite pussent découvrir la route qu’ils avaient prise. Les deux coupables, cachés sous de faux noms, errèrent pendant plus d’une année dans diverses villes, et vinrent enfin se faire arrêter à Paris, où le parlement les condamna à mort. Aucunes supplications, même celles d’un père au désespoir, ne purent leur faire obtenir grâce auprès du roi. Le jugement fut exécuté, au grand attendrissement des spectateurs, émus à la vue de tant de jeunesse, de noblesse et de beauté. Les deux cadavres furent inhumés dans un des couvents de Paris, et l’on grava cette épitaphe sur leur tombe : “Cy gisent le frère et la sœur. Passant, ne t’informe point de la cause de leur mort : passe, et prie Dieu pour leurs âmes.” Cette triste aventure, qu’on prendrait pour un roman, arriva en 1603. L’histoire et les autres chroniqueurs en font foi.
» (Extrait du chapitre sur Cherbourg de La Normandie illustrée).

Réf. 1975 – Cat. 14-63